Notre étrangère
Suite au décès de son père, Amy, une jeune métisse vivant en région parisienne, revient à Bobo au Burkina Faso, pour chercher sa mère dont elle a été séparée à l’âge de 8 ans. Elle ne revoit que sa tante. Amy entourée d’une cour familiale aussi rassurante qu’étouffante, va et vient dans une ville où elle n’a plus de repère. Mariam, une burkinabé de 45 ans, est technicienne de surface et vit à Paris dans l’espoir de retrouver sa fille. Depuis peu, elle a rencontré Esther, cadre dans l’entreprise où elle fait le ménage. Ces deux femmes solitaires apprennent à s’apprécier…
Premier long-métrage de Sarah Bouyain, vous avez peut-être eu la chance de le voir au dernier Festival Cinémas d'Afrique à Lausanne. Si ce n'est pas le cas, à la bonheur, c'est aujourd'hui qu'il sort! Départ pour l'Afrique donc, dans un film autobiographique pour son auteure: un beau portrait de femmes entre deux mondes, la France et le Burkina Faso. La réalisatrice dépoussière la question des origines, le déracinement, sans drama, juste au quotidien. Parmi les nombreux films sur le sujet des migrations, celui-ci se démarque en mettant l'accent sur le manque, sur la question d'appartenance, entre vraie famille et terre d'accueil, comment retrouver, renouer le lien avec ses propres origines trop longtemps inanimées. Ethnie, climat, langue, couleur, Paris, Burkina… C'est un film personnel mais dans lequel chacun pourrait s'y reconnaître ou tout du moins comprendre et ressentir la tragique histoire de millions de gens, loin de chez eux.

